Musée Provençal de Château Gombert

 

Le Tournage du Clip Vidéo

 

 

Marseille est constituée de villages, que ne l'a-t'on point dit ! Cette particularité se traduit dans une des caractéristiques des panneaux indicateurs de la cité : le panneau "Centre Ville" est totalement inexistant, dés que l'on sort ... du centre. Paradoxal ! Avec comme conséquence pour l'étranger au quartier, de tourner indéfiniment sans trouver son chemin vers le cœur de la cité.

Le risque principal ? Se retrouver dans un autre quartier, ou un village ... où l'enfer recommence.

 

 

Mais cette particularité, que d'aucun pourrait trouver fâcheuse, a aussi des avantages : faire arriver le voyageur dans des endroits qu'il n'aurait supposé seulement exister. C'est cette expérience qui me fit traverser un charmant village, Château Gombert, qu'il ne m'était jamais venu à l'idée d'entreprendre de visiter. Un coup d'œil rapide sur la gauche en passant en voiture sur la place du village, et une pancarte justifia un demi-tour acrobatique dans le but d'en savoir d'avantage.

 

 

Un Musée Provençal ! Peu enthousiaste à visiter un réceptacle de costumes poussiéreux, j'entreprend, néanmoins, la visite. Erreur de préjugé, le lieu est superbe. Des salles magnifiques, des collections riches, et un accueil sympathique : tous les ingrédients nécessaires pour y envisager un nouveau tournage. La Conservatrice, aussitôt entreprise sur le sujet, me donne son accord et nous planifions l'opération. Pleine d'enthousiasme et très dynamique, elle me fait aussitôt visiter les lieux.

 

 

Dans une des salles, toute une équipe de jeunes s'active, ordinateurs et clés à molette, à la main. Vous l'avez compris, l'usage simultané de ces deux instruments, concerne la robotique. Point d'actroïdes ou de clones du célèbre "Asimo", mais des automates, grandeur nature, que des jeunes en BTS dans un lycée Marseillais, finissent de programmer. C'est là un des intérêt de ce Musée (il y en a beaucoup d'autres) : ces automates, en costume d'époque, donnent une vie et un dynamisme particulier à ces lieux. Un commentaire sonore et quelques effets lumineux savamment orchestrés parachèvent l'illusion de se voir transporté quelques instants, dans la vie de nos aïeux Provençaux.

 

 

 

 

Panique générale, comme à l'habitude au niveau du tournage : problème de caméscope (il a rendu l'âme à cette occasion), problème de son (c'est pas nouveau, et cela aura des conséquences), problème d'éclairage (il faudra revenir une deuxième fois), problème de ... température : il gèle dehors, le Mistral s'en donne à cœur joie, et il est particulièrement glacial !

 

Bref, à la fin de la matinée, nous avons tourné ... 50 secondes de vidéo !!!

 

 

Dans ces cas là, que faire ? Se restaurer, diantre ! Le restaurant attenant au Musée, nous ouvre ses portes. Le lieu est magnifique, l'accueil stylé, et la nourriture excellente : une adresse à recommander à vos amis et hôtes de passage à Marseille.

 

  

 

Nous prenons quelques photos et partons ... digérer.  Bien sur il existe aussi un hôtel avec des chambres coquettes à la décoration raffinée, mais il ne faut pas exagérer, un bon coussin suffira.

 

 

 

Fin du tournage l'après-midi, avec encore des problèmes de son !

 

Nous reviendrons une deuxième fois, caméscope réparé provisoirement, toute une batterie de spots sous le bras pour améliorer l'éclairage, et une nouvelle bande son.

 

 

Le pari totalement stupide

 

Un constat s'est vite imposé : deux prises de vue au caméscope avec des vitesses de défilement différentes, et deux bandes son également différentes. La post sonorisation ne va pas être des plus simples, les logiciels sophistiqués permettant de gérer tout cela étant hors de ma portée financière.

Une conversation, un peu avinée reconnaissons le, concernant l'apprentissage en général, et celui de la danse et de la musique en particulier, me fait prendre alors un pari totalement idiot : me remettre au piano après ... quarante quatre ans (44 et oui !) d'interruption. L'idée stupide poursuivant son chemin : pourquoi ne pas post synchroniser les images en jouant moi-même le morceau sur lequel nous avions dansé ! Il y a des jours où abuser de l'élixir de Saint Patrick (le whisky) peut nuire, Saint Urbain, patron des ivrognes, me comprendra !

 

Mais restons en compagnie des saints : il y en a une que je vais faire souffrir !

 

Que Sainte Cécile me pardonne ... et la Sécurité Sociale aussi

 

Mademoiselle Clot, une vieille Angevine qui passa sa vie a essayer d'inculquer la passion de Mozart et du piano à toute une génération de petits Andégaves de bonne famille, commençait toujours ses cours par une courte prière qui se concluait par "Sainte Cécile, priez pour nous".

 

La pauvre Sainte Cécile allait avoir une raison de plus d'être canonisée : déjà mourir vierge c'est pas excitant, se faire décapiter, pas très réjouissant, mais subir en plus les outrages à la musique que j'allais lui infliger, il y a de quoi mériter plusieurs béatifications.

 

 

Bref, recommençant à pianoter en massacrant allègrement l'incontournable "Lettre à Elise", je me remet au piano. Problème de souplesse des doigts ? Que nenni ! Problème d'apprentissage et de mémorisation ? Que non point ! C'est parti, à nous deux "Palomita Blanca" !

Mais là, problème non envisagé, le morceau est rapide et la main gauche "pompe" à qui mieux mieux. Au départ je n'ai pas fait la relation. De fortes douleurs derrière l'omoplate gauche me réveillent la nuit, et deviennent insupportables. Je les mets sur le compte des nombreuses heures consacrée à la Formation Professionnelle que j'ai mis en place, et au travail du bras gauche, toujours tenu en l'air dans la pratique du Tango. C'est décidé, je vais consulter.

 

 

C'est grave Docteur ? Perplexe le praticien ! Quelques Radio et échographies plus tard on diagnostique une arthrose des cervicales ! Nous voilà frais ! Traitement ? Aucun pour le moment, je me voie déjà obligé d'abandonner le Tango ! Le Blues ! Médication et série de massages (pendant plusieurs mois), rien n'y fait. Les vacances arrivent, je pars en Grèce visiter quelques ruines, convaincu que, vu mon état, j'y serai bien à ma place. A la fin du voyage les douleurs ont pratiquement disparu. J'ai arrêté le Tango ... et le piano. Au retour je reprend le piano, les douleurs reviennent : incroyable mais vrai, le coupable ... c'est le piano ! Palomita Blanca : au placard ! Le piano : pas plus de cinq minutes par jour. On reprendra plus tard la sonorisation de notre clip.

 

 

Fin de l'aventure

 

Piano à petite dose, siège mieux réglé, Palomita Blanca refait son apparition. Le morceau ne tourne pas trop mal pour un petit amateur, c'est décidé, je le filme. Et c'est là que je comprends ce que c'est que de jouer en concert devant un public. Le morceau, qui techniquement ne me posait plus de problème, dés lors que deux caméras étaient braquées sur moi, devient un véritable enfer. L'aspect interprétation disparait, remplacé par la hantise de la faute. Il est vrai que l'exercice est difficile : je dois jouer à la vitesse exacte de la danse que nous avons préalablement exécutée, et cette vitesse est variable. Tout mon matériel bloquant l'entrée du salon, trois prises son maximum, sinon je connaitrais rapidement les foudres de la toute la famille. De plus je suis tout seul pour m'occuper des caméras. Cadre, essaye, re-cadre, réessaye, c'est bien enervé que j'attaque le morceau. Un montage avec casque et je joue avec le son d'un métronome électronique en surimpression de la musique que j'entend, totalement étouffée à travers le casque. Pas moyen de tout avoir, le son par la prise camescope et dans le casque également. Totalement déstabilisant pour joure. Dans quel m...ier je me suis fourré ! C'est parti : synchro sur une partie du morceau, un peu plus vite sur l'autre : du tout simple quoi. L'enfer ! Bref j'ai compris tout d'un coup que jouer à usage du public était un exercice difficile, et pourquoi un bon matériel est aussi important.

J'avais déjà beaucoup d'estime et d'admiration pour les Musiciens, mais là j'ai compris à quel niveau de maîtrise et de gestion du stress il faut arriver pour jouer en concert.

Que tout ceux qui, ignorant tout de la Musique, se sont permis de critiquer un interprète ou un orchestre, disparaissent en compagnie de Sainte Cécile, décapités en place publique.

 

A tous les musiciens : Respect !

 

Pour ma part j'ai décidé, suite à cette aventure de rester spécialiste des plaisirs épicuriens.

J'y suis nettement plus doué !

 

 

Conclusion

 

Je livre donc ce petit clip en implorant la miséricorde des vrais musiciens et en les assurant de mon immense respect. Qu'ils soient rassurés, je ne réitérerai pas cette folle expérience, et que Sainte Cécile dorme en paix.

 

 

Toutes les photos sont de mon ami Marc Russier,

chaleureusement remercié pour sa collaboration et son dévouement.

 

 

Lien direct vers le site du Musée : http://www.musee-provencal.fr/

 

Voir la Vidéo de Tango tournée au Musée :

 http://www.marseilletango.fr/video tango chaine valse.htm

 

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